L'église des Bessons

L’église actuelle ne date que du XIX ème siècle, pourtant, en 1109, Aldebert II cite l'église 'del Bezos' dans son testament.
En effet, dès 1836, de grosses réparations eurent lieu à l'ancienne église, mais quelques années plus tard, il fallut songer à sa reconstruction.
En 1854, par 13 voix sur 19 votants, le conseil municipal adopte les devis de construction de l’architecte départemental soit 13 060 francs, dont 8 000 à la charge de la commune.
Le 16 novembre de la même année, le conseil municipal vote à l'unanimité cette fois ci en revenant sur sa précédente décision et vote 6 000 francs pour réparer l’ancienne.
Monseigneur l'évêque de Mende et M le sous-préfet de Marvejols interviennent : dans une longue lettre, datée du 29 novembre 1854, le sous-préfet demande au maire de s'en tenir à la première décision en indiquant que les réparations coûteraient presque autant que la construction d'une nouvelle église. L'évêque insiste sur l'obligation d'interdire l'entrée à l'édifice devenu un danger permanent.
Pourtant, le conseil municipal, réuni le 7 décembre, maintient sa décision de réparer l'édifice. Les tractations durent plusieurs mois et finalement, le 1er mars 1855, la municipalité vota enfin 7 500 Francs pour la construction.
Afin de couvrir cette dépense, il décide de vendre pour 2 263 francs de parcelles communales.
Quatre ans plus tard, en septembre 1859, la construction est terminée ; seul reste l'aménagement intérieur, alors, pour faire face à la dépense, le conseil municipal décide, une fois de plus, la vente de parcelles communales pour la somme de 2 000 francs.






Lors de sa visite canonique, du 19 août 1860, M le Chanoine Viala curé-doyen présente dans son discours, l'église des Bessons tant sur le plan architectural que les aménagements intérieurs.






La consécration de l'église eut lieu le 9 avril 1861 par Monseigneur Foulquier :
'L'an mil huit cent soixante un, le neuf avril, nous Jean Antoine Marie Foulquier, évêque de Mende avons consacré l'église et autel des Bessons, sous le titre et le patronnage de Saint André Apôtre, le patron secondaire étant Saint Roch, et nous avons déposé dans l'autel, des reliques de Saint-Privat, évêque et martyr, patron du diocèse, de Saint Christophe, martyr, des saintes vierges et martyres Praxèdes, Amérine et Justine.
Nous étions assistés dans cette cérémonie par M. Vannel, curé de la paroisse, par notre secrétaire, par M les curés doyens de Saint-Chély, du Malzieu et d'Aumont ; par MM les curés Gibelin et Boissy, chanoines honoraires de notre cathédrale et d'autres prêtres du voisinage soussignés.'






Avant la guerre de 1914, les pénitents de Saint-Chély venaient en procession vénérer le Saint Roch de l’église des Bessons, le dimanche après le 15 Août, les gens des Bessons allaient les attendre au ruisseau du Cros, ainsi se rencontraient Saint Roch et Saint Rouquet.
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C’est un édifice cruciforme, avec clocher carré, à flèche, aux voûtes en arc brisé.
L’extérieur ne se signale que par deux rosaces éclairant les deux bras du transept.
L’intérieur a des boiseries qui font honneur à l’ébéniste : Roche de Chaudes-Aigues, qui en est l’auteur, le mobilier renfermé est inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques.
Les trois autels aux retables monumentaux s’élèvent jusqu’aux voûtes ; le tabernacle du maître-autel a une porte remarquable : un pélican sur son nid, ailes éployées, tête baissée, donne son sang à boire à ses trois petits posés devant lui ; c’est le seul exemple en Lozère de cette représentation.
La chair portant les symboles des quatre évangélistes : Lion, taureau, aigle et homme. Les trois premiers panneaux ont trouvé leur place à l’ambon. Les statues en bois doré de Saint André et Saint Privat sont de part et d’autre du maitre-autel, celle de la vierge et de saint Roch (en bois avec trace de polychromie), dans leurs chapelles respectives.
Un superbe cadre en bois sculpté, sous la statue de Saint Antoine, servait jadis à afficher les noms des congréganistes.
On a mis dans la salle des catéchismes une statue en bois de Saint Roch, haute de
L’ancien curé de la paroisse, Germain Barthélémy, secrétaire de mairie, éleveur d’abeilles, président des apiculteurs lozériens, a écrit un livre fort documenté sur les problèmes de l’apiculture, il est aussi l'auteur d'une une brochure (1966) sur l’église des Bessons.






Le village des Bessons est situé sur une antique voie romaine :
'lou chami ferrat'
où de nombreuses croix de chemin taillées dans le granite ont été restaurées.
Elles présentent, comme ailleurs, une multitude de fonctions et une grande diversité de modèles.
Plusieurs fonctions essentielles sont ainsi envisagées, elles expliquent comment la croix est devenue un repère indispensable dans la vie quotidienne :
- Croix de christianisation, des menhirs, des rochers (les blocs épais sur la lande semblaient habités par des esprits, des fées entouraient de leurs rondes et les habitants leur apportaient des offrandes), des sommets ou cols, des lacs, des chemins et pélerinages...
La croix de la Place du village des Bessons, le piédestal a été taillé par Monsieur Poulalion de Tridos, dans un immense bloc de granit.
Plantée le 24 août 1862, la croix en fer est l'oeuvre d'un artisan de Saint-Chély d'Apcher. Elle a été bénite par l'abbé Viala doyen de Saint-Chély délégué par Mgr Foulquier.
La croix des Barbuts : 1789, croix avec figuration ébauchée d'un Christ et d'un ostensoir.
La croix des Barbuts : Petite croix de fer plantée sur un fût galbé.
La croix du cimetière : 1893, croix monumentale de granite avec fût en balustre mouluré, socle en forme de stèle et piédestal à gradins. Une longue inscription rappelle les noms du donateur et du curé. Figure en 3ème place, un nom : Frédéric Constant : s'agit-il du nom du crozatier ??
La croix de l'entrée sud des Bessons date de 1826, réalisée en granite, monolithe plate, montée sur un piédestal à entablement. La figuration comprend un grand Christ naïf.
La croix de l'entrée Nord du village, 1825, croix monolithe prismatique, avec millésime gravé au bs du fût. Le dé en sablier illustre le thème de l'Epiphanie et le socle est sculpté sur les quatre faces.
La croix de la Rochette, Xème siècle ??. Croix à large traverse, soutenue par des tirants obliques. Cette croix est ancrée sur un empilement granitique en forme de champignon. La taille en réserve et la figuration, avec Christ et cabochons, suggèrent une datation très ancienne, en relation avec l'expansion monastique chaffrienne (X ème siècle).
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